Un système biométrique ne reconnaît pas directement une personne à partir d’une photographie ou d’une image conservée à l’identique. Il analyse certaines caractéristiques, en extrait les informations utiles, puis les transforme en une référence numérique appelée gabarit biométrique.
Ce gabarit, également désigné par le terme anglais template biométrique, constitue l’élément central du processus de reconnaissance. Il est créé pendant l’enrôlement, puis utilisé lors des futures tentatives d’authentification ou d’identification.
Mais que contient réellement un gabarit biométrique ? Comment est-il généré ? Est-il possible de reconstituer une empreinte digitale ou un visage à partir de cette donnée ? Voici une explication précise de son fonctionnement.
Table des matières
Un gabarit biométrique est une représentation numérique des caractéristiques extraites d’un échantillon biométrique.
La CNIL le définit comme l’ensemble des mesures mémorisées lors de l’enregistrement de caractéristiques morphologiques, biologiques ou comportementales. Dans le cadre de son règlement relatif au contrôle d’accès biométrique sur les lieux de travail, elle précise qu’un gabarit résulte du traitement d’un enregistrement brut par un algorithme.
Selon la technologie utilisée, le gabarit peut notamment être créé à partir :
Le gabarit ne correspond donc pas au doigt, au visage ou à la voix de la personne. Il contient uniquement les informations que l’algorithme considère comme pertinentes pour effectuer les futures comparaisons.
Il n’existe pas de différence de fond entre ces deux expressions.
Gabarit biométrique est le terme français, tandis que biometric template ou template biométrique est fréquemment utilisé dans la documentation technique des fabricants et des éditeurs de logiciels.
Le mot « template » ne désigne pas nécessairement un modèle d’intelligence artificielle. Il désigne ici une structure de données servant de référence pour la comparaison biométrique.
Ces trois notions sont liées, mais elles ne doivent pas être confondues.
| Élément | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Caractéristique biométrique | Élément physique, physiologique ou comportemental propre à la personne | Empreinte digitale, visage, forme de la main |
| Échantillon biométrique | Représentation acquise par un capteur avant l’extraction des caractéristiques | Image d’un doigt, photographie du visage, enregistrement vocal |
| Gabarit biométrique | Structure numérique produite à partir des caractéristiques extraites | Ensemble de minuties, mesures ou descripteurs numériques |
Le NIST définit l’échantillon biométrique comme une représentation analogique ou numérique obtenue avant l’extraction des caractéristiques. Un fichier contenant l’image d’une empreinte digitale constitue, par exemple, un échantillon biométrique.
Le gabarit intervient après cette acquisition. Il constitue une référence optimisée pour la comparaison et non une simple copie compressée de l’image initiale.
La création du gabarit intervient principalement pendant la phase d’enrôlement biométrique, c’est-à-dire lors de l’enregistrement initial d’un utilisateur.
Le fonctionnement exact varie selon la technologie et le fabricant, mais le processus repose généralement sur les étapes suivantes.
Un capteur réalise une ou plusieurs acquisitions de la caractéristique choisie :
À ce stade, le système dispose d’un échantillon brut. Il peut s’agir d’une image, d’une séquence vidéo, d’un signal sonore ou d’un ensemble de mesures.
Le système vérifie si l’échantillon est suffisamment exploitable.
Pour une empreinte digitale, une pression incorrecte, un doigt mal positionné ou un capteur sale peuvent réduire la quantité d’informations disponibles. Pour un visage, la luminosité, l’orientation de la tête, la distance ou les occultations peuvent affecter la capture.
Lorsque la qualité est insuffisante, le système peut demander une nouvelle présentation de la caractéristique.
Cette étape est importante : un gabarit créé à partir d’un échantillon incomplet ou dégradé risque de provoquer davantage d’échecs lors des utilisations suivantes.
L’algorithme prépare ensuite l’échantillon afin d’en faciliter l’analyse.
Selon la technologie, cette opération peut notamment comprendre :
Ces opérations ne déterminent pas encore l’identité de la personne. Elles servent à obtenir une donnée suffisamment propre et homogène pour l’étape suivante.
L’algorithme recherche les éléments distinctifs utilisés par le système de reconnaissance.
Pour une empreinte digitale, il peut notamment exploiter des minuties, c’est-à-dire des points caractéristiques du dessin papillaire. Pour la reconnaissance faciale, il génère des mesures ou des descripteurs numériques à partir du visage. Dans le cas de la géométrie de la main, il peut s’appuyer sur différentes dimensions et proportions.
La nature des informations extraites dépend de la technologie, mais aussi de l’algorithme employé. Deux systèmes analysant la même modalité biométrique ne produisent donc pas obligatoirement le même format de gabarit.
Les caractéristiques extraites sont organisées dans une structure numérique exploitable par le moteur de comparaison.
Un gabarit peut prendre la forme :
Il ne faut donc pas imaginer un format universel applicable à toutes les technologies biométriques.
Le gabarit obtenu devient le gabarit d’enrôlement, également appelé gabarit de référence.
Selon l’architecture du système, il peut être enregistré :
Le NIST utilise l’expression « référence biométrique » pour désigner les échantillons, gabarits ou modèles stockés et attribués à une personne afin de servir d’objet de comparaison.
Le contenu d’un gabarit dépend de la caractéristique étudiée et de la méthode de traitement.
| Technologie | Informations pouvant être exploitées |
| Empreinte digitale | Points caractéristiques du dessin papillaire, position et orientation de certaines minuties |
| Reconnaissance faciale | Mesures et descripteurs numériques extraits des caractéristiques du visage |
| Géométrie de la main | Longueurs, largeurs, épaisseurs, proportions et forme générale |
| Réseau veineux | Caractéristiques extraites de la structure du réseau vasculaire observé |
| Iris | Informations décrivant certains motifs de la texture de l’iris |
| Voix | Caractéristiques acoustiques et comportementales extraites du signal vocal |
Ces informations ne sont pas toujours lisibles ou interprétables directement par un humain. Elles sont principalement destinées au moteur biométrique chargé de produire un résultat de comparaison.
Lors d’une tentative d’accès, le système effectue une nouvelle acquisition de la caractéristique biométrique.
Cette nouvelle capture suit généralement un traitement comparable à celui de l’enrôlement :
Le moteur de comparaison ne recherche généralement pas une égalité parfaite entre deux fichiers. Il produit un score de similarité, qui sert ensuite de base à la décision d’acceptation ou de rejet.
Une caractéristique biométrique ne se présente jamais exactement de la même manière.
Deux captures successives d’un même doigt peuvent varier en raison :
De la même manière, deux acquisitions d’un visage peuvent être influencées par l’éclairage, l’expression, l’orientation, la distance ou l’évolution naturelle de l’apparence.
Le système doit donc tolérer une certaine variabilité tout en conservant une capacité suffisante à différencier deux personnes.
Après la comparaison, le moteur biométrique produit un score. Ce score est confronté à un seuil configuré dans le système.
Le réglage de ce seuil influence directement le comportement du dispositif.
Un seuil plus strict peut réduire le risque d’accepter une mauvaise personne, mais augmenter le nombre de refus rencontrés par des utilisateurs légitimes. Un seuil plus tolérant peut faciliter l’utilisation, mais doit rester compatible avec le niveau de sécurité recherché.
Cette relation est notamment étudiée à travers les notions de FAR, de FRR, de FMR et de FNMR, qui mesurent différentes catégories d’erreurs biométriques.
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